
Entre envies, enjeux et automatisation, coucou 2026 !
Note 4 – janvier 2026
Quand un nouvel épuisement remplace l’ancien
Il y a quelques mois, je partageais une note de terrain sur l’épuisement dû à la création de contenu. Je racontais le témoignage d’une entrepreneuse lassée de la création, prisonnière de ses propres réseaux sociaux. Cette pression de publier, de performer, d’alimenter l’algorithme coûte que coûte. Aujourd’hui, une nouvelle fatigue s’ajoute, elle n’est pas directement liée à un témoignage, elle est personnelle et elle vient directement questionner le travail que je m’efforce de construire et de structurer depuis bientôt un an. Car une nouvelle injonction apparaît de façon de plus en plus importante : automatiser, déléguer aux IA, standardiser ses process. Dans le domaine du référencement naturel et du SEO, la question n’est plus seulement « comment être trouvé », mais « comment être reconnu par des machines » et de manière plus globale « comment utiliser ces machines pour gagner du temps ».
Le faux débat de l’efficacité
Selon moi, ce nouveau discours fait croire que l’enjeu est individuel, technique, presque neutre. Qu’il suffit d’adopter les bons outils, d’automatiser les bonnes tâches, de penser « IA-friendly » pour prendre le train en route, avoir de l’avance, être devant ses concurrents et s’adapter à ce nouveau web en évolution. Finalement, se lancer corps et âme dans de nouveaux process avant d’être englouti, sans avoir même le temps de questionner le fond et les enjeux. Pourtant, face à tout cela, je me demande si c’est véritablement le combat que je choisis de mener. Si moi aussi je ne suis pas en train de me faire engloutir par des systèmes et des besoins qui me dépassent, et que je subis plus que je n’y trouve un intérêt. Des choix qui renforcent notre dépendance à des systèmes présentés comme bénéfiques, alors que leurs effets à long terme sont rarement questionnés.
J’évoquais dans ma précédente note de terrain que 73 % des créateurs de contenu admettent souffrir d’épuisement dû aux changements constants de plateformes, au sentiment de manquer de créativité, à la difficulté à se déconnecter. Aujourd’hui, on nous propose la même promesse avec d’autres outils, gain de temps, efficacité, autonomie grâce à l’automatisation. Mais les dommages restent les mêmes, voire s’amplifient :
– perte de repères ;
– sentiment de retard permanent ;
– culpabilité de ne pas « appliquer correctement » ;
– dépendance à des solutions externes.
En fait, on accumule des outils, on consomme des méthodes sans toujours comprendre si elles correspondent réellement à notre situation.
Ce que les approches standardisées ne voient pas
La réalité du terrain est infiniment plus complexe que ce qui apparaît en ligne. Derrière un site (je prêche ici pour mon activité) mais de façon plus large derrière une entreprise, un projet, il y a un contexte, des contraintes, une histoire, un environnement spécifique.
À partir du moment où l’on prend ça en compte, il devient impossible d’être standardisé.
Un accompagnement ne peut pas se résumer à « vous devez automatiser pour gagner du temps » ou « voici cinq tutos à appliquer ». Parce que chaque situation est singulière. Et qu’aucun process, ou aucun agent automatisé ne pourra remplacer une compréhension fine de là où vous en êtes. Je suis convaincue que le référencement naturel, comme le numérique de façon plus large, a besoin d’humain pour être juste. Sans contexte, sans écoute, sans émotion, aucune machine ne comprendra vraiment vos besoins.
Revenir à des pratiques humaines
À l’heure où tout le monde cherche à automatiser et gagner du temps, ce qui me touche le plus, ce sont à l’inverse les personnes qui continueront de prendre leur temps de construire les choses avec réflexion. D’avoir des positions argumentées même si elles ne suivent pas toujours les idées générales et qui ne sont pas prédites à partir de moyenne (comme c’est le cas avec des IA). Pour moi, tout l’intérêt d’avoir la possibilité de présenter son projet via le numérique à des milliers de personnes, c’est justement pour avoir la chance de raconter ce qui le rend unique, non pas ce qui le rend conforme à une norme.
Créer des espaces de rencontres, favoriser les échanges et les débats, permettre aux gens de se réunir, de confronter leurs points de vue, de penser ensemble, c’est là que l’on perçoit la valeur de l’intelligence collective ! Je suis convaincue que le numérique n’est qu’un outil au service des humains, et je ne suis pas prête à revenir sur cette certitude.
J’écris ces lignes en me replongeant dans mes notes suite à l’événement What’s Next 2 de Geneviève Gauvin proposé fin 2025. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas l’événement, il s’agit d’une table ronde animée par Geneviève Gauvin qui a réuni 24 leaders d’opinion de l’infopreneuriat pour confronter les idées reçues et aborder des sujets généralement évités dans le milieu. Ce qui l’a rendu si croustillant, c’est évidemment la diversité d’opinions des personnes conviées, mais aussi la vivacité du chat qui permettait à tous les participants d’interagir sur les sujets évoqués ! De quoi repartir avec les idées qui fusent, les sens en alerte et beaucoup de recul et d’esprit critique pour forger une activité qui nous ressemble vraiment tout en ayant conscience du système dans lequel on s’inscrit et de sa mouvance.
Dans un autre registre, je voulais aussi vous parler du Double Quart d’Heure du Web, une initiative à l’origine de Virginie Mendo et Claire Roussely. Elles proposent une réunion entre entrepreneurs chaque lundi pour se motiver, avancer ensemble et se fixer des objectifs concrets, une semaine à la fois. C’est ce rendez-vous qui m’a permis de m’entourer d’un groupe porteur et bienveillant, et de faire de grandes avancées en 2025 !
Alors, même si ces initiatives ne sont absolument pas comparables et s’inscrivent dans des démarches et des enjeux très différents, ce qu’elles prouvent tout de même, c’est qu’il existe une multitude de façons de rendre le web plus lisible, plus partagé, mais surtout des possibilités de réintroduire du sens, plutôt que de la performance.
Ce que je choisis personnellement
Je préférerai toujours des accompagnements où les personnes sont réellement disponibles. Où l’écoute est pleine. Où l’on part de l’expérience et des compétences, mais aussi de là où j’en suis, de mon environnement, de mes besoins réels. Un accompagnement qui considère la singularité ne peut pas être standardisé et c’est précisément ce qui fait sa valeur.
Je suis convaincue que beaucoup de personnes resteront attachées à cette dimension. Plutôt qu’à des templates ou à des formations culpabilisantes qu’on achète dans l’espoir d’une solution rapide, sans qu’elles correspondent à notre réalité. Et comme c’est ce que je recherche personnellement, des pratiques dans lesquelles je trouve du sens, c’est aussi ce que j’ai envie de mettre en place et de continuer à structurer pour mon activité. De l’incarner encore plus, au-delà des mots et de mes envies. C’est aussi pour cela que, dès 2026, je souhaite passer plus de temps sur le terrain, à rencontrer des professionnels. Peut-être vous ? Pour comprendre vos défis, votre réalité et vos enjeux au-delà de ce qui transparait en ligne.
Alors, en 2026, j’ai bien sûr envie de continuer à accompagner des entrepreneurs qui veulent construire un avenir meilleur, faire les choses différemment. En réalité, continuer à raconter de belles histoires, parce qu’elles existent vraiment et que ce n’est pas de la fiction ! 🌱
Je vais également poursuivre ces notes de terrain, qui sont des bribes de carnets et tiroirs de mon cerveau. (Volontairement un peu brutes, mais elles évoluent avec moi.) En tout cas, si les sujets abordés vous parlent, j’aimerais vraiment échanger avec vous. Avoir votre opinion, vos retours, vos expériences, parce que ce format, aussi libre soit-il, induit quand même pas mal de solitude…
Alors, on se dit à bientôt sur la route ?
La catégorie « notes de terrain » sera dédiée à des articles plus personnels, publiés sans régularité et différents de mes articles mensuels, plus complets. L’objectif de ces notes est de partager avec vous, de façon plus libre et spontanée, mes questionnements sur l’entrepreneuriat, la rédaction web, le numérique, ou encore des événements personnels qui peuvent faire écho à mon travail professionnel. Pour illustrer cet article, il m’a donc semblé naturel de mettre en photo mon vrai carnet de notes. Celui qui regorge de mots alignés sans structure, de ratures et de réflexions. Il accueille toutes mes idées en avant-première ! Certaines auront la chance de prendre vie, tandis que d’autres resteront cachées entre ses pages… Pour la petite histoire, ce carnet m’a été offert par ma meilleure amie il y a des années, et je suis heureuse de la place qu’il prend aujourd’hui dans mon quotidien professionnel. Comme quoi, après avoir traîné des années sur mon bureau sans que j’ose écrire dedans, il devient publiquement connu ! Une belle leçon d’espoir et d’optimisme. 📝
Merci pour la mention au Double Quart d’Heure Web.
On voulait quelque chose d’humain, et aidant.
Face aux 36 000 méthodes, outils à absolument suivre pour « réussir ».
On veut toujours craquer le code alors que… la question est de trouver SA méthode, qui répond à SES besoins, SES objectifs, SA personnalité.
Je crois qu’elle est à construire soi-même du coup 🙂
Oui je pense aussi qu’elle est à construire soi-même, mais ça peut parfois être difficile quand on se retrouve seul, sans modèle, face à ses questionnements…
Le double quart d’heure aide à prendre confiance face à ses doutes. 😊
Merci Nathalie de partager avec autant d’authenticité tes notes de terrain. Ton questionnement vient enrichir le mien ! Il n’est pas facile de trouver SON chemin, celui qui nous correspond et fait sens pour nous. Peut-être même qu’il changera et grandira avec nous. L’idée est à la fois enthousiasmante et un brin effrayante. ✨
Non ce n’est pas facile…
Mais c’est rassurant de se dire qu’on n’est pas seule et aussi d’accepter que cela prenne du temps. 🙂
C’est rigolo que tu parles du côté effrayant ! C’est aussi ce qui m’a fait douter en lançant ce carnet, j’avais peur de vite changer et évoluer et de ne plus me retrouver dans mes notes.
Et en même temps c’est ce que je trouve génial, de garder une trace et d’avoir la possibilité de prendre d’autres directions.